Les femmes dans le monde du numérique

les femmes dans le monde du numérique Les spécialistes roumains des technologies de l’information se sont déjà fait remarquer à travers le pays et le monde entier

De nombreuses femmes roumaines font carrière dans ce domaine, brisant chaque jour les stéréotypes liés au genre qui disent que ces métiers ne sont pas pour elles. Plus encore, il semble que les performances des Roumaines dépassent celles des femmes d'autres pays. Les statistiques le confirment: selon une récente étude de la compagnie Hacker Ran, en 2017, la Roumanie occupait la 6e place du classement des performances des femmes programmeurs. Ces données correspondent aux statistiques officielles européennes. Selon Eurostat, au niveau de l'UE, c'est en Roumanie et en Lituanie que les femmes sont les plus nombreuses à travailler dans le domaine des technologies de l'information. Elles y comptent pour 25,7% du total des employés. C'est la Bulgarie qui mène le classement, avec 26,5%. 

 

Tout cela n'est pas une surprise, si l'on pense au développement de l'enseignement, estime Veronica Ştefan, fondatrice de l'association Digital Citizens Roumanie : « Nos points forts sont notamment les jeunes femmes qui étudient l'informatique, du moins au niveau de la licence. Par contre, elles sont moins nombreuses à faire un master ou un doctorat dans ce domaine. Cela veut dire qu'elles ne visent pas un très haut niveau de spécialisation. Pour ce qui est des jeunes femmes qui travaillent en tant que programmeurs ou qui participent à la création de différents produits technologiques, là c'est un domaine où la Roumanie se porte plutôt bien. Somme toute, nous avons beaucoup de spécialistes des technologies de l'information. Cela se voit aussi au niveau des lycées, où les classes d'informatique sont assez équilibrées : 50% des places sont occupées par les filles, 50% - par les garçons. En fait, la Roumanie est en 2e position au niveau de l'UE. Chez nous, les femmes comptent pour 26% des employés du domaine, alors que la moyenne européenne est de 17%. Autre atout : notre système d'éducation encourage les filles à s'orienter vers les domaines techniques, surtout dans les grandes villes ».

 

 Pourtant, il est difficile de dire combien de femmes activant dans ce domaine occupent aussi des postes de direction. Ce qui plus est, le marché roumain de la technologie de l'information est dominé par l'externalisation: de nombreuses compagnies produisent et développent des idées venues d'ailleurs. En même temps, peu de femmes figurent dans les rangs de managers des projets ou des start-ups autochtones. Veronica Ştefan explique: « Les femmes font partie des équipes, mais elles n'en sont pas nécessairement le leader. Le plus souvent, elles font partie de l'équipe chargée de la communication ou des équipes de création. Côté entrepreneuriat, j'avoue que les choses pourraient aller mieux.»

 

Pour le reste de l'UE, la situation n'est pas trop différente. Les spécialistes de l'égalité des chances estiment que la faible présence des femmes dans les domaines techniques et scientifiques est étroitement liée à leur estime de soi, mais aussi aux aspirations qui leur ont été inculquées par l'éducation reçue et les traditions héritées. Explication avec Lina Salanauskaite, chercheuse dans le cadre de l'Institut Européen pour l'égalité entre les hommes et les femmes, basé à Vilnius: « A étudier la présence des femmes parmi les spécialistes des technologies de l'information, on constate que la moyenne européenne  est de 17%, un taux en stagnation depuis 5 ans. Plusieurs raisons expliquent pourquoi il y a moins de femmes dans les professions scientifiques ou dans l'ingénierie et toutes ont trait aux stéréotypes de genre. D'autres visent les aspirations des femmes. Prenons l'exemple des jeunes de 15 ans : entre 3% et 15% des garçons de l'UE souhaitent devenir des spécialistes du domaine. Par contre, seulement un peu plus de 1% des filles de 4 Etats membres rêvent de la même carrière. Les jeunes filles n'arrivent même pas à la limite inférieure des chiffres des garçons. Cela n'a rien à voir avec leurs capacités numériques, ni avec leurs connaissances en mathématiques. Cela tient plutôt à la manière dont les jeunes filles et les jeunes garçons voient leur avenir, leurs points forts et leur capacité à progresser dans un domaine ou un autre. Donc c'est après l'âge de 15 ans que toutes ces différences se font remarquer. »

 

 Lorsqu'il est question d'utiliser l'ordinateur, d'avoir accès à Internet, de créer des contenus, de s'informer en ligne ou de se spécialiser dans le domaine de l'informatique, la Roumanie reste un pays des paradoxes, constate enfin Veronica Ştefan, fondatrice de l'association Digital Citizens Roumanie : « Bien que nous soyons fiers d'avoir de nombreux spécialistes de l'IT et du numérique, au niveau de l'ensemble de la population, les statistiques nous projettent à l'autre bout du classement. Seulement 30% de la population a des compétences numériques de base, ce qui place la Roumanie en queue du peloton européen. Les grandes villes se portent bien - Bucarest, Cluj, Iași, Constanța, Craiova, Sibiu et Brașov, mais une grande partie de la population ne maîtrise pas très bien l'ordinateur. Sur l'ensemble des employés de Roumanie, seuls 2% travaillent dans l'IT. En même temps, dans le milieu rural seulement 40% des Roumains ont un emploi. Il y a donc un énorme clivage entre milieu urbain et milieu rural », a conclu  Veronica Ştefan, fondatrice de l'association Digital Citizens Roumanie. (Trad. Valentina Beleavski)
 


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Publicat: 2018-06-27 14:03:00
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