Le projet « Mnemonics » à la Biennale de Venise

le projet « mnemonics » à la biennale de venise ... un espace de l'enfance où tous les Roumains adultes peuvent se retrouver.

Irina Gudană, Raluca Sabău, Roxana Pop, Romeo Cuc, Mihai Gheorghe et Vlad Tomei... ont eu envie de jouer... Et puisqu'ils se sont souvenus de la façon dont ils jouaient, comme tous les enfants à l'époque communiste, dans l'espace étroit qui séparait les immeubles d'habitations, leur projet correspondait parfaitement au thème de l'édition de cette année de la Biennale de Venise : Freespace - Espace libre. Ils ont déposé leur candidature et ils représentent la Roumanie à cet événement prestigieux du monde de l'art. 


Leur projet, Mnemonics, propose un espace de l'enfance où tous les Roumains adultes peuvent se retrouver. Irina Petra Gudană, une des participantes au projet, explique : « La Biennale d'architecture de Venise est un des événements les plus importants de ce genre du monde. La Roumanie participe chaque année aussi bien à la Biennale d'art qu'à celle d'architecture - cette année avec le projet Mnemonics, qui nous est très cher, à nous, ses auteurs, car nous y avons réuni nos souvenirs d'enfance. Le projet fait également une analyse de l'histoire de l'urbanisme et de l'architecture de Roumanie, conservés dans la mémoire collective. C'est comme un fil rouge à travers les souvenirs de nombreuses générations d'adultes qui, pendant leur enfance, ont joué dans l'espace séparant les immeubles d'habitation - ce qui correspond parfaitement au thème de cette année de la Biennale : Free Space - espace libre. L'exposition roumaine de cette année comporte en fait deux volets et occupe deux espaces différents. Il s'agit tout d'abord du pavillon de la Roumanie érigé dans le Jardin de la Biennale, où nous avons réalisé une scénographie de l'espace séparant les immeubles d'habitation dans les villes de Roumanie. L'autre exposition est accueillie par la galerie de l'Institut culturel roumain, un espace beaucoup moins vaste, où nous proposons une scénographie condensée d'une cage d'escalier, telle que l'on peut la découvrir à l'entrée de tout immeuble collectif des villes roumaines. »


Vlad Tomei a rejoint ce projet un peu plus tard et il arrive d'un tout autre domaine d'activité : « Moi, je suis plutôt formé au journalisme. Je trouve cette exposition extraordinaire ; c'est une des rares expositions qui me semble simple, condensée et facile à comprendre par toutes les catégories de public. »


Qu'est-ce que les visiteurs y découvrent, en fait ? Irina Petra Gudană:  « Les parois du pavillon roumain accueillent une étude sur l'urbanisme ; des façades d'immeubles y sont exposées, esquissant cet espace privilégié de nos souvenirs d'enfance. Nous traversons plusieurs décennies d'architecture et nous y analysons l'évolution du langage architectural pendant ce laps de temps. Nous expliquons comment ces lieux ont évolué pour revêtir finalement l'aspect que l'exposition nous fait découvrir. Cet espace séparant les immeubles d'habitation accueille les éléments dont nous nous souvenons tous : la barre installée pour battre les tapis, les balançoires, le tourniquet, la table de ping-pong, qui ont meublé, pour ainsi dire, pendant des décennies, l'espace urbain partout dans le pays et qui sont tombés dans l'oubli après la chute du communisme, en '89. Nous les récupérons et les utilisons pour provoquer des déclics, afin de réveiller ces souvenirs dans notre mémoire. La chronologie que nous proposons débouche sur un défi. A quoi ressembleront les habitations roumaines de l'avenir ? Nos collaborateurs de l'Association « Jouer à l'architecture » ont adressé cette question aux enfants lors des ateliers qu'ils organisent. On peut ainsi découvrir, grâce à leurs dessins, la façon dont ils envisagent, avec beaucoup d'imagination et de créativité, les immeubles d'habitations de l'avenir en Roumanie. »


Vlad Tomei avoue : « Lorsque j'ai vu les dessins des enfants, j'ai décidé spontanément que j'aimerais habiter un tel immeuble, entouré d'aires de jeux, de toboggans et de toute sorte d'éléments ingénieux. Même si leurs solutions sont enfantines, on peut les prendre dans leur ensemble comme point de départ pour structurer les espaces publics de l'avenir. »


En dehors des façades, l'exposition comporte un autre élément important : les jeux de l'enfance. Vlad Tomei : « Chaque zone des parois comporte 4 à 6 boîtes contenant des cartes de jeu. Elles illustrent les jeux auxquels on jouait dans ces espaces. En jouant devant les immeubles, dans ces espaces quasiment vides, les enfants imaginent des mondes. »


Voilà une heureuse rencontre entre l'enfance et l'idée de liberté, telle que la perçoivent les enfants. En jouant dans l'espace quasiment vide qui séparait les immeubles, ils créaient des lieux magiques partout où ils se trouvaient.



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Publicat: 2018-06-03 16:39:00
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