Les priorités de Bucarest (II)

les priorités de bucarest (ii) L’adhésion de la Roumanie à l’espace Schengen ainsi que les relations de Bucarest avec Moscou et Chisinau sont les priorités de politique étrangère de Bucarest, évoquées par le chef de la diplomatie roumaine au micro de Radio Roumanie.

« Dans notre voisinage oriental, il va de l'intérêt de la Roumanie d'avoir pour partenaires des Etats solides, stables, ayant des perspectives de sécurité et de développement choisies librement, sans interférences.  On est sans doute intéressé aussi par l'avenir de la région des Balkans, qui constitue, à nos yeux, un enjeu stratégique. Nous souhaitons que la Roumanie puisse projeter la vision stratégique de l'Union européenne dans son voisinage immédiat », nous confie le ministre Teodor Meleşcanu. 


Quant aux relations nouées entre la Roumanie et la République de Moldova, ancienne république soviétique majoritairement roumanophone, le chef de la diplomatie roumaine n'a de cesse de prôner leur renforcement: « Nous avons une multitude de projets bilatéraux, en déroulement ou à l'étude, mais dont le fil rouge, leur objectif commun c'est de réussir à raccorder la République de Moldova à l'Europe, notamment sous le rapport énergétique, des infrastructures, mais aussi au niveau des valeurs et des institutions. Nous continuons à investir massivement dans la République de Moldova, pour le bien-être de ses citoyens, mais aussi pour soutenir son destin européen, le parcours de son intégration européenne. A la fin du mois de février passé, nous avons versé les dernières tranches, en valeur de 150 de millions d'euros, de l'emprunt consenti dans le cadre de l'Accord de financement remboursable, signé par Bucarest et Chisinau. Cet accord contribue grandement à assurer la stabilité financière du pays, mais d'autre part il contribue aussi à faciliter le soutien de l'Union européenne à la République de Moldova. La Roumanie a ainsi milité pour l'octroi, le 04 juillet dernier, par le Parlement européen, de l'assistance financière conditionnée octroyée par l'UE, d'une valeur de 100 millions d'euros. L'essentiel toutefois, pour que la République de Moldova puisse intégrer à terme l'UE, il faut qu'elle puisse répondre aux attentes de sa population en matière de sécurité, de prospérité économique et de stabilité. »


La Roumanie va demeurer un partenaire fidèle pour promouvoir les intérêts et les aspirations européennes de la République de Moldova, a encore précisé le ministre des Affaires étrangères de Roumanie, Teodor Melescanu.Ce dernier rappelle aussi le montant de 122 millions d'euros - la valeur de l'assistance consentie dans l'intervalle 2009/2015 - dans les domaines de l'éducation, de l'agriculture, de la santé, ou encore pour renforcer les capacités administratives ou le tissu associatif, la bonne gouvernance et l'Etat de droit. 


Quant à la nature des relations russo-roumaines, la Roumanie prône, en premier lieu, une relation basée sur le pragmatisme et la prédictibilité, qui puisse prendre en considération les intérêts légitimes des deux parties, une relation basée sur les principes et les normes du droit international et sur la réciprocité, nous explique Teodor Meleşcanu: « Notre position ne peut cependant ignorer les événements récents, dont l'annexion illégale de la Crimée ou la situation qui perdure dans l'est de l'Ukraine. Nous sommes concernés par la concentration des forces militaires et d'armement russe à notre frontière de l'Est. L'Union européenne a réagi face à cette situation, en adoptant des sanctions contre la Russie. Il s'agit d'une politique que notre pays soutient sans réserves. Pour ce qui est de l'Alliance atlantique, on promue une double approche à l'égard de la Russie. Il s'agit, d'une part, d'assurer notre défense et une capacité de dissuasion conséquente, puis, d'autre part, il faut promouvoir un dialogue pragmatique, basé sur la réciprocité. »


Dernier sujet abordé, l'adhésion à l'espace Schengen, prévue initialement pour le mois de mars 2011,ne s'est toujours pas concrétisée.Dans ce dossier, il s'agit bien de l'absence de l'unanimité au niveau politique qui nous a fait défaut, et cela bien que la Roumanie ait réussi à satisfaire aux prérequis techniques nécessaires, soulignele chef de la diplomatie roumaine, Teodor Melescanu :« L'adhésion de la Roumanie à l'espace Schengen demeure l'un de nos objectifs prioritaires de politique étrangère. Il faut en même temps reconnaître les effets de la crise migratoire et des attaques terroristes sur certains Etats européens. Ces Etats ont privilégié le renforcement de l'espace Schengen au détriment de son élargissement. Pourtant, si vous voulez avoir mon avis, inclure la Roumanie ne ferait que renforcer la capacité de l'Union européenne à mieux répondre aux défis de sécurité posés à l'Europe. Or, à cet égard, la Roumanie peut se vanter, à bon escient, d'une expertise considérable dans le domaine. »



Le rôle et la place de la Roumanie dans l'architecture de sécurité européenne ne constituent pas le fruit singulier de notre vision des choses. Ce rôle a récemment été reconnu par l'ensemble des Etats européens, ce qui constitue un argument de choix en faveur de notre adhésion plénière à l'espace Schengen, précisait encore le ministre roumain des Affaires étrangères, Teodor Melescanu, dans son interview à Radio Roumanie. (Trad: Ionut Jugureanu)


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Publicat: 2018-01-05 15:10:00
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